Cher Monsieur Delacroix, Monsieur Vandeuren,

Merci de votre intérêt pour le programme de Vivant.

Votre approche dynamique montre que vis à vis de l'approche strictement "comptable", l'allocation universelle et la libération du travail ont un impact très positif sur l'emploi et l'économie.

En conséquence, si le modèle est cohérent au niveau strictement comptable, il est crédible du point de vue dynamique également. En effet, l'effet économique est un "plus" que nous n'avons pas compté dans la comparaison au système actuel en 1999, pour éviter toute critique d'optimisme.

Que le financement alternatif par les taxes sur la consommation comme proposé par Vivant ne suffit pas pour boucler le budget est correct (vous arrivez a un déficit de 4,4 % du PIB). C'est pourquoi, outre le maintien de taxes sur le travail a un faible niveau,  dans notre programme 1999, nous parlons également d'une taxe compensatoire du revenu de base applicable aux industries et aux grandes entreprises de services (appelée "taxe revenu de base") qui rapporte 312 milliards de francs (que vous semblez avoir oublié dans vos calculs). Ces 312 milliards représentent 3,9 % du PIB (1998) ...
Cela explique donc la différence entre vos calculs et les nôtres.

Cette taxe "revenu de base" revient à dire que les entreprises industrielles et les grosses entreprises de service doivent elles-mêmes payer  le revenu de base de leurs employés.
Cela est d'ailleurs une nécessité économique pour les entreprises qui opèrent au niveau international. En effet, si non, il y aurait un subside à l'exportation de nos produits ce qui reviendrait à vendre nos produits à l'étranger à un prix plus faible que le prix de revient réel pour notre communauté.

Le calcul "comptable" de Vivant pour 1998 ne part pas de "taux de croissance" du passé. Il compare des coûts pour une année bien définie. La seule supposition que nous avons faite est la décroissance des taux d'intérêts, qui s'est déjà largement réalisée.
C'est d'ailleurs uniquement grâce a cette forte décroissance des taux d'intérêts que le gouvernement a pu boucler ses comptes en équilibre en 2001.

Par contre, le bureau du plan, dans son étude sur l'évolution de l'économie jusqu'en 2050, se base sur des taux de croissance totalement hypothétiques et par ailleurs super-optimistes, ainsi que des taux de chômage en baisse et des taux d'activité en hausse, sans aucune justification si ce n'est que c'est le souhait de la communauté Européenne....
La conclusion (en dépit de toutes leurs suppositions optimistes) du bureau du Plan: les retraités de 2050 auront un revenu relatif à celui des actifs en recul d'un tiers par rapport à la situation actuelle!

Merci d'aider à convaincre la population qu'il est grand temps de changer le mode de fonctionnement et de financement de notre sécurité sociale.

Salutations amicales,

Roland Duchâtelet