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Il y a deux manières de répondre :
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a) D’une façon purement pragmatique :
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Le fait que le revenu de base soit inconditionnel simplifie considérablement
la gestion de ce revenu de base. Utiliser l’âge comme
unique critère évite la mise en place d’une
administration lourde, compliquée et coûteuse comme
celle qui existe pour payer les différentes allocations
(chômages, etc.).
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b) Par une approche plus « philosophique »
:
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L’argument serait qu’il faut mériter son revenu
par une prestation en contrepartie. Ce revenu ne peut donc être
inconditionnel.
Dès lors, la question est de déterminer ce qu'il
faut prester et comment mesurer la chose...
Qui peut avoir l’autorité légitime pour répondre
à une telle question ?
Le revenu de base proposé par Vivant n’est pas fondamentalement
différent du revenu d’insertion que l’on peut
obtenir dès aujourd’hui auprès des CPAS. Il
est communément accepté que les citoyens les plus
faibles socialement aient droit à ce revenu. Alors, pourquoi
exclure les autres ?
En fait, le revenu de base individuel, inconditionnel et universel
offre à l'homme un espace pour la production de capital
social et en même temps, produit du capital social.
Qu'est-ce que le capital social ? C'est la base
sur laquelle toute l'économie est fondée. Dans le
capital social, on trouve la confiance mutuelle que se portent
les membres de la communauté et la volonté réciproque
de chacun à s'entraider, coopérer, faire quelque
chose pour autrui.
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Tout homme a besoin d’espace pour s'investir dans un engagement
non rémunéré. Nous avons tous besoin d'une
certaine marge de manœuvre pour les activités à
caractère social, pour l’étude, les soins
aux enfants ou aux personnes âgées ou simplement
pour se consacrer au travail bénévole. Toutes ces
activités font appel aux qualités spontanées
comme l’intérêt, l’empathie et un “
se sentir concerné ”. Ces qualités sont impayables,
mais il faut de l'espace pour qu’elles puissent se manifester;
et c'est précisément un des rôles importants
du revenu de base : il crée l'espace pour étudier,
pour apprendre, pour le travail de soins et le bénévolat.
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Le fait d’avoir un revenu de base donne du temps pour se
consacrer aux autres. Sans cela, ce temps doit trop souvent être
investi dans une activité qui doit obligatoirement générer
un revenu financier pour vivre.
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Si on décide démocratiquement de se donner un revenu
de base l’un à l’autre, c’est dans le
but de créer de l'espace pour plus de travail choisi, plus
de travail de soins, plus de capital social. En d'autres mots:
cela permet plus de fantaisie, plus d'attention à la relation
humaine, plus de confiance. Car, pour que des idées novatrices
puissent naître, l’esprit doit être libre. L’attention
que l’on porte à l’autre est souvent le point
de départ de travaux de soins. Et la confiance est la matière
première du capital social.
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Comment dès lors, forcer la fantaisie,
la liberté de l'esprit? Comment mesurer
financièrement le souci de l’autre ou la confiance?
Par définition, il est impossible d'exiger de la fantaisie
et de mesurer la confiance. Et l'Etat n’a pas à s’en
mêler.
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Le revenu de base est un investissement que nous
faisons en tant que communauté et il est évident
que la communauté peut souhaiter une contrepartie sous
forme de "revenu social". Mais ce revenu social n'est
ni divisible, ni mesurable, ni contrôlable au niveau individuel.
Il n'y a qu'une seule norme pour vérifier si ce revenu
social est suffisant: une décision démocratique
de toute la communauté de droit qui, grâce aux fruits
du patrimoine acquis par le travail de nos aïeux, peut se
permettre d’offrir ce revenu de base.